RPE VS %RM1

1. Description

Pour dĂ©finir l’intensitĂ© d’un exercice, le choix entre l’utilisation du RPE (Rate of Perceived Exertion) et le % de RM1 (travail Ă  un pourcentage de notre charge maximale sur une rĂ©pĂ©tition pour un exercice donnĂ©) peut en effet, rapidement devenir complexe, voire hasardeux, si l’on ne combine ou utilise pas intelligemment les atouts de ces deux paramètres.

Ces deux notions, comme nous l’avions déjà évoqué dans notre article: « Les principaux paramètres de séance », font parties intégrante de la notion d’intensité dans la programmation de l’entraînement, de la séance.
Pour mieux comprendre leurs différences et complémentarités, il est pertinent de les aborder séparément.

2. Distinction

2.1 Le RPE

Image: nageurpro.com

Le RPE est une échelle de perception de l’effort allant de 1 à 10, inspirée de l’échelle de Borg.
Elle permet d’évaluer subjectivement la difficultĂ© ressentie d’une sĂ©rie. En prĂ©paration physique, le RPE se situe gĂ©nĂ©ralement entre 6 et 10, ce qui correspond Ă  environ 4 Ă  0 rĂ©pĂ©titions en rĂ©serve (RIR.) Une marge d’erreur d’une Ă  deux rĂ©pĂ©titions est tolĂ©rable pour s’initier.
Avantages :
• Permet d’ajuster la charge selon l’état de forme du jour.
• Peut s’avérer plus précis que le %RM1 pour certains sportifs.
Inconvénients :
• Sa subjectivité le rend peu fiable pour les débutants, qui peinent souvent à estimer leur réel niveau d’effort, que ce soit à la hausse ou à la baisse.

2.2 Le %RM1

Le % de RM1 se base directement sur la charge maximale que l’on puisse soulever sur une rĂ©pĂ©tition (RM1) et un mouvement donnĂ©. Cela qu’elle soit issue d’une compĂ©tition ou d’un test d’entraĂ®nement. Nous aborderons ce sujet (la diffĂ©rence entre une RM1 de compĂ©tition et d’entraĂ®nement) dans un article dĂ©diĂ© prochainement.
Le choix du % est formulĂ© en adĂ©quation avec la ou les qualitĂ©(s) physique(s) que l’on souhaite dĂ©velopper (force, hypertrophie, endurance, etc.) On travaille donc Ă  des pourcentages prĂ©cis de cette RM1 selon nos objectifs, types d’exercices… Au cours d’une mĂŞme sĂ©ance les pourcentages fluctuent naturellement.
Avantages :
• Donne un repère chiffré à la décimale près.
• Utile pour structurer une pĂ©riodisation Ă  long terme avec prĂ©cision. MĂŞme si l’anticipation sur le long terme n’est pas une bonne mĂ©thode en PP*. (*prĂ©paration physique.)
Inconvénients :
• Ne prend pas en compte les variations quotidiennes de forme.
• Les diffĂ©rences de profils musculaires (fibres rapides/lentes) font que certains athlètes rĂ©alisent beaucoup plus ou beaucoup moins de rĂ©pĂ©titions qu’attendu Ă  un mĂŞme pourcentage. Cela engendre donc une sĂ©ance complètement hors sujet en rapport avec l’objectif.

3. Pourquoi ne pas combiner les 2 🤔?

Image: Bemorperformance.com

L’approche la plus pertinente consiste souvent à croiser le RPE avec le %RM1.
Certains tableaux permettent d’associer une valeur de RPE à un pourcentage de RM1, offrant ainsi une estimation plus fine de la zone d’intensité.
Ces outils doivent toutefois être utilisés avec prudence, car les correspondances peuvent varier sensiblement selon les individus.

4. Quelle conclusion en tirerđź’ˇ?

Aujourd’hui, la méthode la plus fiable reste selon moi l’utilisation du RPE, car elle intègre la variabilité de la forme du jour et reflète donc la RM1 théorique du moment.
On peut encore améliorer sa précision en travaillant avec une fourchette de RPE plutôt qu’une valeur fixe. En pratique, le RPE tend naturellement à augmenter au fil des séries, phénomène normal qu’il faut considérer.
Il est donc utile de relever le RPE série par série, plutôt que de se baser sur une moyenne qui peut masquer la réalité.
Exemple pour 3 séries sur un exercice donné, nous avons un sportif qui a une moyenne de RPE égale à 5 sur son squat. Il a effectué la première avec un ressenti RPE 2, la 2ème: RPE 3 et la 3ème: RPE 10. Même si cet exemple peut paraître complètement folklorique, la conclusion est sans appel. En effet la moyenne ne reflète pas que la dernière série a été menée à l’échec, donnée essentielle à noter pour ajuster la séance suivante. On pourrait également souligner que le RPE moyen surestime les 2 premières séries qui ont été en réalité inefficaces.
Pour conclure, lier les données de RPE et de %RM1 permet d’obtenir une vision globale et nuancée de l’intensité, facilitant la planification et l’individualisation de la charge d’entraînement.

4. Et « la table de berger » dans tout ça?

Image: Maverickfitness.fr

Grâce Ă  elle, on peut estimer des charges pour le 1RM*, 6RM*, 8RM*, etc… (*RĂ©pĂ©tition(s) maximale(s) sur une sĂ©rie, si vous avez bien suivi cela s’estime et se rĂ©alise donc sur une sĂ©rie en RPE 10.)
Cependant, il faut garder en tête qu’au sein d’un 5×8, on ne pourra pas utiliser la charge correspondant à un vrai 8RM, car la fatigue cumulée des séries précédentes limitera la performance. Si ce n’est pas le cas, c’est probablement que la charge de départ était sous-évaluée.